La "Boutonnière"
Cette petite région rurale est à cheval sur les départements de la
Seine-Maritime (76) et de l'Oise (60). Elle s'étend de Beauvais à Dieppe à
l'est et à l'ouest et de Neufchâtel à Buchy au nord et au sud.
Nid de verdure au milieu de vastes étendues découvertes, le Pays de Bray
tire son originalité d'un accident de relief particulier, la "boutonnière",
une fosse entaillée dans les plateaux de calcaires d'âge crétacé
qui la limitent au nord et au sud. Ce creux est assez large au centre autour de Forges
les Eaux, Gournay mais se referme assez vite au nord ouest au-delà de
Neufchâtel et au sud est vers Beauvais dans le département de l'Oise.
C'est cette forme en amande qui justifie le terme de boutonnière.
Le coeur du Pays de Bray est le lieu de naissance de plusieurs rivières. A Forges,
l'Epte et l'Andelle ne sont séparées que par la largeur de
l'agglomération tandis que plus à l'est, les sources de la Béthune
et du Thérain, coulant selon le même alignement, mais en sens opposé,
sont distantes de 5 km.
Trois petites villes principales
Si le Pays de Bray constitue bien un ensemble physique et agricole homogène,
il ne possède pas de capitale incontestée. Trois petites villes se
disputent une influence sur cet espace ainsi que la localisation des équipements :
lycée, hôpital. Il s'agit de Neufchâtel en Bray (5300 hab), Forges les Eaux
(3400 hab) et Gournay en Bray (6200 hab). Elles exercent les mêmes fonctions
tertiaires classiques d'animation des campagnes environnantes, vivant notamment de
la commercialisation ou de la transformation des produits agricoles : importantes
laiteries dans les trois villes, importants marchés aux bestiaux et abattoirs
à Forges qui tire profit en plus de sa tradition de station thermale dotée
d'un casino et d'un village de vacances.
La population brayonne demeure donc profondément rurale et même agricole
(encore 21 % d'agriculteurs dans la population active totale) puisque les industries
rurales vivantes jusqu'au XIXe siècle (métallurgie au bois,
verrerie, poterie) ont presque toutes disparu. On comprend dans ces conditions que
les densités de population soient les plus basses de Seine-Maritime, tombant
en dessous de 25 hab/km2
Ecartelé entre des influences extérieures divergentes (Rouen, Dieppe,
Beauvais et même Paris), desservi par des axes de communication relativement
secondaires, le Pays de Bray est un peu en marge de la Haute-Normandie.
Le Pays de Bray et du "Petit Suisse"
A partir du XVIIe siècle, le Pays de Bray développe l'élevage des vaches laitières (la normande) pour alimenter en lait et beurre le marché parisien. Mais il doit faire face à la concurrence des produits de Normandie, de Bretagne et du Poitou, et, dès la fin du XIXe siècle, se spécialise dans les fromages. Si ceux à pâte (le bondon de Neufchâtel, le fromage de foin, le camembert du Bray, etc.) ont pratiquement disparu au cours du XXe siècle faute d'une adaptation au marché, les fromages frais, en revanche, connaissent un essor extraordinaire.
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Un parisien, Charles Gervais, implante à Ferrières en Bray, près de Gournay en Bray, une usine qui utilise le lait des fermiers du Pays de Bray pour exploiter industriellement l'invention d'une fermière des environs de Gournay. Il s'agit d'un subtil mélange de crème et de caillé. Gervais fait appel à des fromagers suisses : le "petit suisse" naît en 1850. Aujourd'hui encore, l'activité laitière reste essentielle pour le Pays de Bray bien qu'elle soit doublée de l'élevage pour la viande. |
Les communes du Pays de Bray
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